Quand je serai grand, je serai fumeur. J'achèterai de beaux paquets par milliers, ornés de couleur rouge et blanc ou avec un chameau dessiné sur la boite. La cigarette deviendra mon amie, ma seule amie. Elle et ses copines me réconforteront lors de mes chagrins d'amour, mes périodes d'anxiété. Je serai sur mon petit nuage de fumée. Elles me murmureront de douces et légères paroles; '' Ne t'inquiète pas, tu as une longue vie devant toi, et nous seront toujours à tes côtés, mes copines et moi''. Et je les croirai. Je finirai par les adorer, avec le temps et elles hanteront ma tête, mon c½ur et mes poumons. Je m'isolerai, pour mieux apprécier ce qu'il me restera, ma cigarette, tout ce qu'il me restera, car je serai ruiné et ravi de l'être. Puis je serai fumiste, puis fumier, détruit, fini, futile, fatigué, fragile, seul fautif dans ma funeste solitude, tandis que mes rêves s'envoleront en fumée. Je serai l'empereur dans mon empire de désespoir. je serai le roi, le roi des cons. Je serai un exemple, un martyre, je serai tristement célèbre et je ferai un tabac auprès des plus jeunes. Alors quand je serai grand, je serai fumeur. Quand je serai grand, je commencerai par fumer, puis je finirai parfumé, d'odeur de mort.
( Voilà un petit poème en prose, que vous pouvez prendre dans le sens qu'il vous plaira. Ce qui est contradictoire, c'est que moi même, je fume. Mais j'en connais pas moins les risques pour autant. Je pense que chacun doit assumer ses fautes, ou éviter d'en faire.)